Le musée Renaudot à Loudun

14 juil. 2010 Colette Weinstein

Théophraste Renaudot - Google images
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Théophraste Renaudot (1586-1653) médecin, publiciste, philanthrope, est considéré comme le fondateur du journalisme en France

Dans le dédale des rues de la pittoresque ville de Loudun, à la croisée de l'Anjou, de la Touraine et du Poitou, le visiteur est attiré par le charme d’une demeure ancienne située en coin de rue.

C’est là qu’est installé, dans la maison natale de Théophraste Renaudot, un musée de cire qui retrace la vie et l’œuvre de ce personnage fascinant du XVIe siècle. C'est en effet, un des piliers méconnus de l’Histoire de France : médecin, commercialisation du premier médicament, puis créateur du journalisme en France. Il est aussi à l'origine de nombreuses institutions modernes comme l'Assistance Publique, les Monts de Piété, ou l'Agence pour l'emploi.

Il naît en décembre 1586 dans une famille protestante, son père, Jean Renaudot, est maître d'école, sa mère Cécile Fourneau, est la fille d'une famille bourgeoise de Loudun.

Renaudot, le médecin

Après de bonnes études classiques jusqu'en 1602, Renaudot suit à Paris des cours de chirurgie. En novembre 1605, il rejoint la faculté de médecine de Montpellier qui accueille les protestants, est ouverte aux idées novatrices telles que l'étude de la chimie et possède, depuis 1598, son jardin des plantes.

A vingt ans, le 12 juillet 1606, il est reçu docteur en médecine et il est autorisé à coiffer le bonnet rouge. Après un voyage à travers l’Europe, il revient à Loudun pour se marier avec Marthe du Moustier, et y exerce la médecine avec succès. En 1612, il est nommé médecin ordinaire du roi Louis XIII.

En 1619, il publie une Description d’un médicament appelé Polychreston. Ce remède à base chimique qui est composé de quatre-vingt-trois substances végétales, minérales, représente le premier médicament tel qu'on l'entend aujourd'hui, avec posologie et mode d'emploi, vendu même à l’étranger par correspondance.

Renaudot, le philanthrope

Le père Joseph de Tremblay se lie d'amitié avec le médecin et le présente à Armand Jean du Plessis de Richelieu, évêque de Luçon, le futur cardinal de Richelieu. Le 3 février 1618, un arrêt du Conseil du roi lui accorde le titre de "Commissaire général des pauvres". Renaudot quitte Loudun en 1625 pour toujours et s'installe à Paris avec sa famille, il se convertit au catholicisme en octobre 1628.

Rue de la Calandre, il crée un office de renseignements et d'informations pour les ventes, les achats et les placements, c'est le Bureau d'adresse et de rencontres, ancêtre de notre agence pour l’emploi. Puis, parmi ses "innocentes inventions", c'est un service de prêts sur gages qui est fondé, il ouvre le premier Mont-de-Piété le 27 mars 1637, suivi d'un centre de "Consultations Charitables" (dispensaires).

L’aventure de la presse

Une des réalisations les plus connues de Renaudot réside dans la création du journalisme en France. C’est en effet le 30 mai 1631 qu’il imprime le premier journal de France dénommé La Gazette dans la maison à l'enseigne du "Grand-Coq", rue de la Calandre, en la Cité, non loin du Palais de justice et de Notre-Dame.

C’est lors de son passage en Italie qu’il découvre ce feuillet de nouvelles vendu à la criée pour la somme d’une gazetta (monnaie courante). Le Cardinal de Richelieu saisit cette opportunité de nouveau moyen de communication qui lui permettra de répondre aux attaques politiques dont il est l’objet. Mais La Gazette devient très vite beaucoup plus qu’un instrument de pouvoir : un journal d’informations économiques et sociales d’ampleur internationale grâce à un réseau de correspondants par le monde.

Après avoir obtenu le titre d’historiographe du roi, Renaudot reçoit un logement aux Galeries du Louvre. Il s’y éteint en 1653. Louis XIV confie à ses fils Théophraste (conseiller à la Cour des monnaies, mort en 1672), puis Eusèbe (1613-1679) le privilège de la Gazette et du bureau d'adresses, qu'ils continuent à diriger et à publier après la mort de leur père.

Histoire du prix Renaudot

En 1925, le prix Goncourt, est décerné non pas comme à présent au mois de novembre, mais le premier lundi de décembre, à l'issue du déjeuner, désormais au restaurant Drouant (16-18, place Gaillon à Paris 2ème arr.). Le mercredi 15 décembre, la réunion des dix se poursuit et les délibérations se prolongent. Après deux heures de scrutin, le vote n'est toujours pas clos. Le temps passe.

Dans une pièce voisine, journalistes, courriéristes et informateurs littéraires, pourtant habitués du rite et des lieux, laissent paraître quelque fébrilité. Georges Charensol propose à ses camarades de prendre ensemble leur repas dans un petit restaurant voisin du Drouant, à la Fontaine Gaillon. Ce jour, ils prennent la décision de décerner un prix de journaliste, auquel serait donné le nom de Théophraste Renaudot, le premier journaliste français : le Prix Renaudot est né.

Informations pratiques :

Musée Renaudot - 2, Petite Rue du Jeu de Paume - 86200 Loudun - Tél/Fax 05 49 98 27 33 -

Tous droits réservés Colette Weinstein. Demandez l'autorisation de l'auteur avant toute reproduction sur Internet ou dans la presse traditionnelle.

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